Des petites culottes de marque à 2 euros au manteau d'été à 80 euros, la braderie est pleine de bonnes affaires. Revue de détails.
Averses. Les orages du petit matin, hier, ont un peu retardé la mise en place des stands et l'arrivée des badauds qui s'étonnaient de voir si peu de monde jusqu'à midi. Mais, en début
d'après-midi, les rues piétonnes avaient retrouvé l'affluence des grands jours.
Boubous. De braderie en braderie, la rue des Trois Conils se spécialise dans les étals « ethniques », des sarouels indiens au... saucisson de l'Ardèche. Habituée de Saint-Michel le dimanche
ou du Bassin en été, Anny Campistrau y propose des boubous dignes de sortir en ville. La plupart viennent du Cameroun et elle y rajoute volontiers un pli ici, une fleur là, une découpe
ailleurs. Résultat ? Que des pièces uniques, le sourire en prime.
Débords. La tentation est grande pour les commerçants non-sédentaires d'occuper le plus d'espace possible. Outre la police municipale, l'association Bordeaux centre-ville, organisatrice de la
braderie, veille au grain. Elle a même embauché une brigade de huit jeunes gens pour faire respecter la règle... règle en main, justement. Quitte à ce que, dès qu'ils ont le dos tourné, les
commerçants récupèrent les centimètres qu'ils avaient accepté de rogner.
Extensions. On ne parle pas ici de ces mèches qui étoffent la chevelure des fashionistas façon « Sex in the city ». Encore qu'en cherchant bien, on doit pouvoir en trouver sur les stands.
L'extension, c'est aussi la braderie qui se développe au-delà des rues piétonnes. C'était moins le cas que prévu à Mériadeck, Darty, l'enseigne la plus attractive des Passages, n'ayant pu
brader son stock d'électroménager pour cause de manutention trop lourde. Mais c'était le cas rue Judaïque, par exemple. Avec, cette fois, la possibilité de déballer dehors sur des trottoirs
tout neufs.
Hétéroclite. L'un des charmes de la braderie, c'est qu'on y trouve de tout. On peut en ramener un lave-vitre miracle à 10 euros, des strings à 1 euro, une girafe en osier à 9 euros, un lot de
baies de goji riches en acides aminés... À noter que le premier objet n'est d'aucune utilité pour nettoyer les seconds (d'ailleurs, les baies de goji ne se lavent pas, elles se mangent).
Marques. Comme souvent en début de braderie, les boutiques qui vendent de la marque chic ont fait le plein dès hier matin. Pour cause. Si la réglementation sur les soldes impose de ne vendre
que le stock de la saison en cours, la braderie, dotée d'un cadre plus souple, permet d'écouler des restes des années précédentes, et pas forcément des rossignols. On pouvait par exemple
trouver des tuniques brodées Ventilo à 19,90 ?. Bon, évidemment, tout le monde ne rentre pas dans du 36. Ou des plissés Miyaké à moitié prix. Bon, évidemment, tout le monde n'a pas besoin
d'une taille 4, même japonaise.
Non sédentaires. 300 commerçants non sédentaires se partagent les rues piétonnes, parfois à touche-touche. Comme tous les ans, ils trouvent l'installation au mètre trop chère, surtout dans la
portion la plus prisée, rue Porte-Dijeaux et rue Sainte-Catherine jusqu'au cours Alsace-Lorraine. « 60 euros le mètre, plus 60 euros de taxe municipale, c'est beaucoup », estiment Kamel et
Djilali, qui vendent des jeans rue Porte Dijeaux. « Et en plus, on a les frais de route depuis la région parisienne, l'hôtel le moins cher est à 39 euros. Ça nous fait les trois jours à 800
euros minimum. » N'empêche, ils reviennent d'année en année. « Pour les fidèles. »
« Les tarifs n'ont pas bougé depuis 10 ans » assure pour sa part Christine Lacroix, chargée de la commission ad hoc à l'association Bordeaux centre-ville. Et si on avait davantage de linéaire
à proposer, les mètres supplémentaires se vendraient aisément. »
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