1Barrière de Bègles : un quartier d'échoppes
Autrefois, avant la création des boulevards, la frontière entre Bègles et Bordeaux était matérialsée par le ruisseau d'Ars qui coulait sous le cinéma Le Festival. Le quartier de Belcier
faisait partie intégrante de Bègles. Les commerçants qui arrivaient du sud pour aller s'installer aux Capucins, ouvraient ici leur compte en banque.
Aujourd'hui, Belcier est bordelais, la frontière passe toujours au même endroit -et donc parfois au milieu des maisons-. Les établissements financiers sont encore là, fidèles à une vieille
tradition. Cette barrière historique abrite un secteur uniquement truffé d'échoppes rénovées car prisées par les jeunes couples. Les riverains trouvent l'indispensable au quotidien, de la
chaussure à l'alimentaire.
La barrière ne doit pas sa renommée au boucher millionnaire, dont le magasin est désormais fermé, mais à la qualité de produits qui appâtent des clients de toute l'agglomération. Véritable
locomotive, la poissonnerie Sautour est assaillie de files d'attente permanentes. Le Festival, cinéma généraliste de proximité, s'est recyclé dans le créneau animations et effets spéciaux. On
refait le monde au comptoir du PMU, « le Petit Monde Urbain » ou au salon de thé « Le filtre d'amour », et le soir, on écoute de la musique au « Congo », de l'autre côté du boulevard. Demain,
le projet voisin Euratlantique, qui annonce le renouveau de la gare, un centre d'affaires et des logements, va rejaillir sur la barrière et le secteur proche des Terres Neuves irrigué depuis
peu par le tram.
2 Barrière Judaïque : un axe de transit
Les deux tours de la cité administrative dominent ce quartier d'immeubles bourgeois et donc résidentiel. Les commerçants comptaient beaucoup sur cet afflux de salariés pour donner un coup
d'accélérateur à leur chiffre d'affaires.
Une coiffeuse du boulevard Wilson y puise la moitié de sa clientèle, mais les restaurateurs pestent contre la cantine maison qui leur fait concurrence. Les patrons de bars fulminent contre
l'interdiction de boire et de fumer et contre les banques qui ont squatté les bistrots du carrefour. Rue de la République, les plantations ont rétréci la surface de stationnement. Et ici,
l'ouverture du dimanche profite surtout à l'Église Évangélique qui ne désemplit jamais.
Tout comme le Leader Price, dont la clientèle ne pousse pas son caddy jusqu'à l'épicerie fine. Rue Judaïque, Alain Carruel s'échine à fabriquer chaque matin des pâtes fraîches et des
tiramisus pour des habitués de passage. Les mêmes qui confient leur garde-robe au pressing ou à « L'Arcachonnaise », réputée au-delà du quartier pour ses fruits de mer.
La barrière a renouvelé un tantinet sa population qui ne consomme pas forcément local. Les jeunes couples y prisent la proximité des bons collèges et du centre-ville. « Rien n'est comme
avant, rien n'est vivant », répètent inlassablement les commerçants qui ont l'impression d'être implantés sur un axe de transit, l'un des plus passagers des boulevards.
3Barrière de Pessac : une vie de quartier préservée
Pour qui veut bien oublier les embouteillages aux heures de pointe, et en dépit de la présence -clairsemée- de huit banques, la barrière de Pessac a su conserver une vie plutôt conviviale. «
Avant, c'était tristounet, c'est mieux maintenant », confie Marie, domiciliée depuis 40 ans dans le quartier. « C'est une des trois barrières les plus actives », estime Dominique Morel,
fleuriste (Rosemay) depuis 30 ans. Certes, il a vu la fermeture d'une poissonnerie, d'une pâtisserie.
La barrière vit avec ses habitants et avec le passage ; « les gens arrivent en général à stationner », constate Tony Michenot (Bourse de l'immobilier). Véritable institution, la Maison des
whiskys, tenue aujourd'hui par Nicolas Désiré, fils du fondateur, attire une clientèle de tout le Sud-Ouest.
Entre employés de bureau du quartier et lycéens, les tables reçoivent une clientèle variée. « C'est animé en semaine », confirment Patrick et Sophie Semonin et Mélissa qui, depuis qu'une
banque occupe l'ex-hôtel Ségur, ont ouvert le café-brasserie Ségur 2 de l'autre côté de la rue. Dès le samedi par contre, la barrière vit au ralenti. Le traiteur n'est plus ouvert le dimanche
matin. Au bout de neuf ans, « Chez Richard » (pizzas, sandwiches) a dû se résoudre à fermer le week-end.
4 Barrière Saint-Genès : pour un second souffle
Le Café de l'horloge fait face à l'immeuble de briques rouges. Entre les deux, la douzaine de cyclomoteurs de Domino's pizza. Et puis les voitures en sous-terrain et la station de tram en
deux parties. Comment va le moral ? « C'est peu animé », dit une commerçante. « Le quartier a changé en mal », regrette Francine, 40 ans de présence. Elle montre l'immeuble design d'une
banque qui a remplacé une boucherie et une épicerie. « Le tram a été une catastrophe », enchaîne Éric, à la Panetière de Carphil, en déplorant l'absence des espaces de livraison promis. La
ligne B a supprimé les places de stationnement côté Talence, et a fait grimper les prix des loyers.
Les milliers de personnes, dont beaucoup d'étudiants, qui font de la barrière un lieu de transit quotidien, donnent une fausse impression. « Si seulement 10 % de ceux qui passent entraient,
ce serait déjà bien », confie le buraliste. L'association de commerçants, présidée par Alain Sanchez (L'Ours brun, côté Talence), estime qu'il est encore possible de redynamiser la barrière.
L'association travaille avec la mairie de Talence sur un projet de marché le samedi matin.
5 Barrière du Médoc : une petite ville à elle seule
Le Bouscat a deux spécialités : ses concessions automobiles et sa barrière. Un centre commercial à elle seule, tant les vitrines y sont nombreuses. Du cordonnier au marchand de matériel hifi,
le chaland peut remplir son cabas dans une centaine de commerces. « Tous les corps de métier sont présents. C'est cette diversité commerciale qui fait le succès de la barrière », dit Didier
Bladou, le conseiller municipal en charge du commerce et Bouscatais de longue date.
Josy coiffure ou le magasin de vêtements y sont des institutions. Les devants de porte changent peu. Et peu de chances de voir des agences immobilières ou des banques venir remplacer les
commerces traditionnels. Elles sont déjà présentes en nombre.
En semaine comme le samedi, la barrière vit. Le matin, les riverains du quartier du Jardin Public à Caudéran viennent s'approvisionner en produits frais. Le midi, les élèves des
établissements scolaires environnants envahissent le Mac Donald's et la boulangerie Mie Caline.
À midi, les employés des concessions automobiles et des bureaux des boulevards déjeunent à la brasserie Le Roni. Les cadres font leur repas d'affaire au Père Ouvrard. On vient y faire du
shopping entre copines dans les boutiques de fringue branchées l'après-midi.
Les embouteillages sur l'avenue de la Libération font partie du décor mais ont le seul avantage de permettre aux automobilistes de faire du lèche-vitrines depuis leur voiture.
Incontestablement, la barrière du Médoc reste la plus animée des boulevards.
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