Menaces sur le centre socioculturelRéactions

Publié le 28 Juin 2008

--À Bagatelle, la rigueur frappe maintenant le centre socioculturel. Il manque 28 000 euros pour survivre. Les communes sont appelées à la rescousse. Mille adhérents sont concernés

:Willy Dallay





«Centre social en danger, pétition » clame une affiche. À Bagatelle, ce cri d'alarme des usagers ne passe pas inaperçu. « Mais c'est seulement le centre socioculturel qui rencontre des problèmes financiers, pas l'ensemble du centre social », précise sa directrice, Florence Rodier-Rouget. Ainsi, la crèche halte-garderie et le centre de santé ne sont pas concernés.
En revanche, la situation est suffisamment sérieuse pour que Florence Rodier-Rouget organise aujourd'hui une réunion d'urgence avec ses partenaires financiers : Caisse d'allocations familiales (CAF), Conseil général et communes de Talence, Bègles, Bordeaux et Villenave-d'Ornon. « Il faut trouver une solution d'ici septembre », dit-elle.


Solitude grandissante. La pétition qui doit être remise aux élus évoque carrément le risque d'une disparition. Mme Rodier-Rouget est moins catégorique : « En revanche, on ne pourra plus accueillir sans compter toutes les personnes de communes dont la participation serait trop faible. Or, nos activités qui attirent beaucoup de gens aux revenus modestes, participent à une mission de lien social et de lutte contre une solitude grandissante. »
Car outre les enfants parmi les 1 000 adhérents, 50 % d'adultes bénéficient des services et activités du centre socioculturel. Ils viennent à 60 % de Talence. Les autres se répartissent entre Bordeaux, Bègles et Villenave-d'Ornon, puisque Bagatelle est dans une « zone frontalière ».


Politique de redressement. La balle serait donc dans le camp des quatre villes pour apporter les 28 000 euros manquants dans un budget de plus de 600 000 euros. Le trou est lié aux difficultés financières de la Fondation protestante Bagatelle. Une politique de redressement a été mise en ?uvre, avec l'arrivée d'un nouveau directeur, Philippe Vrouvakis. Lui-même parle de « conséquences collatérales » : « La fondation assurait une partie du fonctionnement du centre social sur ses fonds propres et son personnel était payé par l'hôpital. » Nul ne voyait de mauvaise intention, dans cette confusion. Le conseiller général Gilles Savary parle même de « gestion caritative ». Mais elle est devenue incompatible avec la rigueur imposée aux établissements hospitaliers. Le passage à une comptabilité analytique s'avère douloureux.
« Dorénavant, chaque structure doit s'autofinancer », résume Florence Rodier-Rouget. Des subventions y participent. Comme Bagatelle n'a pas le monopole du flou, CAF et Conseil général ont eux-mêmes signé une charte pour remettre de l'ordre dans les aides accordées aux centres sociaux de Gironde.


Communes pas concertées. Des dents ont grincé : « Les communes n'ont pas apprécié que l'on fixe les règles de leur participation financière, sans les concerter », rapporte Philippe Vrouvakis. La charte prévoit que le « pilotage » (paiement du personnel administratif), qui représente environ un tiers du budget, soit pris en charge à 40 % par la CAF, 15 % par le Conseil général et 45 % par les communes.
« Ces dernières sont aujourd'hui en dessous », indique Mme Rodier-Rouget. « Si elles se rapprochaient de ce seuil, nos difficultés seraient réglées. »
Les représentants des quatre communes savent donc ce qui les attend aujourd'hui. Mais personne ne veut payer pour les autres.
Gilles Savary (conseiller général). « Ce centre socioculturel a deux problèmes : la rationalisation imposée à Bagatelle et sa position frontalière entre plusieurs communes qui fait qu'il n'appartient à personne. Au-delà des subventions de fonctionnement, les municipalités devraient participer au financement de certaines activités par le contrat de développement durable avec le Conseil général. Talence le fait à Thouars, mais pas à Bagatelle.»
Dominique Iriart (adjointe à Talence). « La CAF et le Conseil général se sont mis d'accord sur les règles de financement. Nous avons été mis devant le fait accompli. On ne peut envisager que ce centre disparaisse. Nous ferons un effort, à condition que le contribuable talençais ne paie pas pour les usagers d'autres communes. Nous voulons aussi un partenariat sur les actions. »
Patrick Pujol (maire de Villenave-d'Ornon). « Ce dossier me tient à c?ur et c'est moi qui viendrai à la réunion. Nous avons déjà débloqué 6 500 euros de plus pour le centre de loisirs sans hébergement. On nous demande encore 4 000 euros. Mais cela tombe après le vote du budget supplémentaire. »
Cédric Dubost (adjoint, à Bègles). « Nous restons dans l'esprit de notre adhésion : payer un service, pas le pilotage. Le prix de journée intègre les coûts de structure. À l'heure où la CAF se désengage, nous devons recentrer nos moyens sur nos propres centres sociaux. »

Rédigé par jean

Publié dans #Le quartier

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