Des résidents de Richelieu qui déchantent
Publié le 29 Décembre 2008
BORDEAUX. La résidence Richelieu, à Carle-Vernet, inaugurée au printemps, ne fait pas l'unanimité parmi les résidents. Rencontre avec des locataires dubitatifs
U n dimanche d'automne au coeur de la résidence Richelieu. Une journée grise. Désespérément grise. Les immeubles contemporains pensés par l'architecte belge Xaveer De Geyter trônent massivement le long des lignes de tramway, à deux pas de Bègles. Des blocs parsemés de barres métalliques et inégales, supportés par d'épaisses poutres couleur chrome. D'accord, le ciel lourd de nuages ne fait rien pour enjoliver le tableau.
Une population jeune
« Ça manque d'un coup de peinture ! », estime Frédéric, 29 ans. Il habite un trois pièces avec sa compagne depuis le mois de juillet. Pour autant, hormis ces considérations esthétiques, l'homme de 29 ans est satisfait. « C'est un endroit calme, et la population est jeune. »
Livrée fin 2007, la résidence affiche aujourd'hui un taux d'occupation de 90 %. Et c'est vrai que des jeunes, il y en a. Ils occupent la majorité des 430 appartements du complexe résidentiel. Des étudiants, surtout. Parmi eux, Romain et Jean-Charles, 25 et 27 ans. Avec un troisième colocataire, ils partagent un T4 de 80 m². Le prix du loyer ? 1 020 euros. Pour attirer les locataires, un avantage leur a été proposé : ils ont signé le bail en juin, mais n'ont commencé à payer le loyer qu'en septembre, quand ils ont effectivement emménagé. Dans le couloir du huitième étage, la lumière ne vient pas. « Il n'y a qu'un seul détecteur de mouvements, à l'autre bout, explique Romain. Ça fait deux mois qu'on en réclame un second mais rien n'est fait. » Un constat que partage Christophe, militaire et jeune papa, installé à Richelieu depuis avril : « La résolution des petits problèmes est lente. » Sur la liste, les portails d'entrée qui ne ferment plus, les ascenseurs en panne. Monique, 66 ans, l'une des rares locataires de plus de 50 ans, attend la réparation de son interphone depuis plusieurs mois. « Quand on signe le bail, on n'imagine pas ces inconvénients, déplore-t-elle. Bien sûr, il y a le tramway tout près, c'est très pratique. Et après ? »
Pour Laurent Benedetti, directeur de l'agence immobilière Citya qui gère le parc Richelieu, ces problèmes sont ceux que rencontre toute nouvelle résidence. « J'exerce depuis quinze ans, explique-t-il, je n'ai jamais vu une résidence neuve qui avait une vie tranquille au cours des deux ou trois premières années. » Les éléments qui tombent en panne sont sous garantie : « Les réparations pourraient être plus rapides, mais ça coûterait plus cher », résume Laurent Benedetti.
Déménagement
Ahamadi, étudiant âgé de 25 ans, a perdu patience. Lui et son colocataire, après six mois passés ici, ont décidé de déménager. « Si j'avais pu, je serais parti plus tôt », avoue-t-il. Selon lui, les pannes sont dues à des travaux peu soignés : « Tout a été fait trop vite. En plus, le loyer est cher. » Comme si cela ne suffisait pas, les considérations esthétiques, encore elles, y vont de leur grain de sel : « Je trouve que les bâtiments ne sont pas beaux. »
Christophe fera de même. Mais dans quelques années, quand il voudra devenir propriétaire. Satisfait d'un logement qu'il trouve idéalement situé. Mais qui, au demeurant, n'est qu'un habitat de transition.
