Les bacs ont débarqué
Publié le 4 Février 2009
CENTRE VILLE. Les habitants vont se mettre, ce semestre, au tri des déchets à domicile. Ce qui suppose moins de ramassages des poubelles. Ça coince déjà chez les premiers livrés
Ça y est. Les nouveaux bacs, gris pour les déchets ménagers, verts pour les papiers plastiques et cartons sont arrivés dans le secteur qui va des Quinconces au Palais Gallien. Pas moches mais parfois encombrants quand il n'y a ni local poubelle dans l'immeuble ni ascenseur pour les hisser à domicile.
Exemple, rue Condillac, chez Claude et Simone Douzillé. L'entrée loge à peine les poubelles jumelles et l'escalier colimaçonne jusqu'au 3e. Compliqué. « C'est du non-sens, tempête Simone Douzillé. Quel technocrate a pu décider de me faire vivre avec mes ordures ? »
Parce qu'en plus, la collecte quotidienne des bacs gris où chacun va déposer sa petite poche passe au « C2 + 1 », comprenez deux fois par semaine pour le bac gris et une pour le vert. Les intéressés ont intérêt à calculer le jour où ils mangent du poisson... « Et le melon, en été, vous y avez pensé ? » glisse Simone Douzillé.
Pétitions
Les Douzillé ne sont pas seuls à râler. Leurs voisins aussi ont pétitionné, écrit, protesté. « Franchement, tout cela est trop autoritaire, estime Jean-René Bricage, qui habite cours Clemenceau. On nous renvoie à nos cours d'immeuble. Mais il y a longtemps qu'elles ont été transformées en surfaces commerciales ! »
La seule solution en vue pour le moment est au bac double, certes, mais petit modèle. Sauf qu'il n'y en a plus ! Et puis, rue Condillac, pour ne pas risquer les relents de poisson ou de melon dans l'entrée, il faudrait caser le tout à la cave.
Et Michel Farcet, un voisin qui n'a plus 20 ans non plus, n'envisage pas de grimper les 40 marches qui séparent la cave du niveau rue ainsi chargé. Trop lourd. « Et en plus, quand les poubelles seront stationnées sur le trottoir, il n'y aura même plus la place pour y faire circuler une poussette ! »
Écocitoyens
Habitué à se faire engueuler sur le sujet, Jean-Louis David, l'adjoint propreté, se veut rassurant. « Sachant les contraintes du centre, on a pris un soin particulier dans les préparatifs : l'enquête menée avec la CUB est censée nous amener à réduire le nombre de cas où, effectivement, soit le bac collectif ne rentre pas, soit les gens ne peuvent pas le manipuler. On va y arriver. Y compris s'il le faut en ajoutant un jour de ramassage. En attendant, j'invite les riverains à vivre le tri sélectif avant de juger. Dans les quartiers où il est déjà mis en oeuvre, les gens s'y sont faits. Le but, c'est vraiment que chacun devienne écocitoyen. » Pharmacienne, allées de Tourny, Chantal Fontenaud se veut si bien écocitoyenne qu'elle a repris des études sur le sujet. Justement. « J'ai reçu mon bac vert pour les emballages. Je veux bien le sortir propre mais je refuse de le rentrer sale. Trier ne devrait pas imposer de déplacer la pollution de l'extérieur, pour que la ville soit belle au domicile ! C'est une question d'hygiène et je demande une expertise bactériologique des bacs individuels exposés à l'extérieur. »
Et les sacs ?
En centre-ville, beaucoup souhaiteraient revenir aux sacs plastiques, fussent-ils de couleur différente pour favoriser le tri, à porter dans des bacs collectifs eux aussi verts ou gris. C'est d'ailleurs la solution choisie dans d'autres centres historiques. Jean-Louis David y voit un inconvénient : le manque de discipline. « Il va encore y en avoir plein les rues, comme aujourd'hui autour des bacs traditionnels ». Cette fois, gare aux contrevenants. Ceux qui transforment les bacs en individuels en mini-déchetterie permanente sur le trottoir sont invités à payer l'enlèvement. Tarif ? 91 euros. Ça refroidit.
c.darfay@sudouest.com
Liotard: il semble que nous avons beaucoup de mal au sein de la résidence pour respecter ce tri dans nos poubelles.
Cela va se traduire par un rejet de la CUB de nos poubelles si cela continue.
Cela va se traduire par du boulot en plus pour nos concierges et , donc, une augmentation de nos charges (charges qui sont payées par les propriétaires occupants que les locataires)
Il faut savoir ce que l'on veut:
Une résidence agréable ou alors une résidence qui se laisse aller et , donc des charges en plus.
