Aujourd'hui, les limites communales n'ont plus de sens
Publié le 3 Mars 2009
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Francis Cuillier est directeur de l'agence d'urbanisme de Bordeaux-métropole Aquitaine, Grand Prix de l'urbanisme 2006.
Le maire de Bordeaux vient de présenter l'acte II de son projet urbain. Ce dernier doit-il se traiter à l'échelle communale ?
Aujourd'hui, les limites communales n'ont plus de sens. Il suffit d'observer ce qui se passe dans la communauté urbaine : les communes de la rive droite se sont unifiées depuis des années autour d'un groupement d'intérêt public ; Mérignac et Bordeaux s'interpénètrent sur le plan économique et des déplacements avec l'aéroport ; Bordeaux, Talence, Pessac et Gradignan sont rassemblés autour du campus universitaire. Enfin, tous les projets bordelais à venir ont des connexions et une cohérence évidente avec des villes périphériques. Désormais, la frontière la plus importante en termes d'aménagement urbain, c'est la rocade.
Cela signifie que le projet urbain de Bordeaux est un non-sens ?
Je comprends très bien que Bordeaux exprime ses ambitions urbaines pour les vingt ans à venir. Mais il faut admettre que le bon échelon est la Communauté urbaine, qui reste le partenaire indispensable de la ville sur le plan foncier - elle est souvent propriétaire de terrains sur les friches bordelaises -, financier et technique, notamment à travers les ZAC.
Mais la plupart des communes sont dans une démarche concurrentielle et peu animées de l'esprit d'agglomération...
Je suis moins pessimiste qu'il y a quatre ans sur ce sujet. Un peu partout, par pragmatisme, par souci de développer l'image et le territoire d'une ville, de plus en plus de communes partagent des projets. La revalorisation du campus universitaire est le projet emblématique qui peut participer à ce nouvel état d'esprit. Il faut donner un contenu, une vie, une cohérence d'ensemble aux différents sites d'enseignement supérieur aujourd'hui éclatés sur plus de 235 hectares et trois communes. C'est l'élément-clé à mes yeux pour avoir enfin une vraie identité d'agglomération.
Bordeaux n'est-il pas le coeur de l'agglomération ?
Bien sûr, mais ce centre sera plus fort s'il s'appuie sur le réseau des villes périphériques et sur certains quartiers de Bordeaux. La ville-centre continuera également à être attractive si elle renforce ses activités commerciales, culturelles et de loisirs de haut niveau. Aujourd'hui, l'offre n'est pas, sur le plan qualitatif, à la hauteur d'une métropole régionale.