« Pas d'expropriations »
Publié le 20 Mai 2009
En quatorze ans de mandat, Alain Juppé n'avait jamais vu la salle Son-Tay aussi pleine qu'hier soir. C'est dire si l'attente est forte dans les conseils de quartier de Bordeaux-Sud. L'attente, mais aussi peut-être un peu l'inquiétude.
Pour une fois, la délinquance sous toutes ses formes, le stationnement et autres nuisances n'ont pas eu la vedette des débats ; mais c'est bien le projet Euratlantique, chouchou du maire qui ne laissa à personne le soin de tenir le micro, si ce n'est (partiellement) à Philippe Courtois, responsable de ce projet.
Passerelle Eiffel maintenue
Avant de poursuivre le conseil, et à peine son exposé terminé, Alain Juppé choisit de céder la parole aux habitants. La première question donna le ton : « Y aura-t-il des expropriations ? » Réponse : « Non, ou peu ». Murmures dans la salle.
Conscient que le « peu » était de trop, le maire s'empressa de corriger le tir : « Il n'est pas question que l'on abatte des maisons à Belcier mais il y aura peut-être un petit bout de terrain, ici ou là, qui sera récupéré pour faire passer une voie. Vous voilà rassurés, du moins je l'espère. »
À l'évidence, le projet passionne les habitants du quartier mais pas tout à fait pour la même raison qu'Alain Juppé. « Y aura-t-il des espaces verts ? Que deviendra le jardin au pied du pont du Gui ? Et l'îlot Terres de bordes, sera-t-il touché ? Comment arrivera-t-on à la gare ? Les parkings seront-ils suffisants ? Quelle place sera réservée aux taxis ? »
Autant de questions auxquelles le maire dut répondre sans avoir, a-t-il insisté, tous les éléments encore en mains. Tout au plus a-t-il reconnu « qu'on voit toujours trop juste pour les parkings et qu'il faudra mettre l'accent sur les arceaux à vélo » ; ou encore que l'accès à la gare « est un des sujets les plus difficiles du projet actuel mais qu'en aucun cas la rue des Terres de Borde sera détournée de son accès à Belcier ». Au moins Alain Juppé aura-t-il eu le plaisir de tirer des « ahh » de satisfaction en annonçant le maintien de la passerelle Eiffel, peut-être réservée à la « circulation douce ».
On notera, pour la bonne bouche, une petite passe d'armes avec Jacques Respaud sur la question de l'imposition, jugée trop élevée par le conseiller général, ce que le maire a évidemment démenti.
h.mathurin@sudouest.com
