Temps calme avec orage
Publié le 28 Avril 2009
BÈGLES, CONSEIL MUNICIPAL. Les dossiers lourds pour l'avenir ont suscité des débats policés. Mais les deux gauches béglaises se sont affrontées sur les tarifs scolaires
De l'adoption du périmètre Euratlantique au lancement de la rénovation de l'école Roger-Salengro, les gros dossiers ne manquaient pas au conseil municipal de Bègles hier soir.
Le périmètre de l'opération d'intérêt national Euratlantique, ce territoire allant de la gare Saint-Jean à la gare de Bègles, appelé à « muter » lors de l'arrivée du TGV en 2016, a été adopté récemment par le comité de pilotage compétent. Il doit être validé par les trois communes concernées et la CUB, puis en conseil des ministres. Bref, c'est du lourd.
Noël Mamère en a rappelé les enjeux. Un rien futuriste en estimant que « l'entrée de Bordeaux se fera au pont Mitterrand ». Un rien provocateur en affirmant que « Bègles sera dans Bordeaux » pour justifier que l'on prolonge plus vite et plus loin la ligne C du tramway. Et bien calé sur ses discours récents pour voir dans ce périmètre une « protection contre la spéculation immobilière », et l'occasion de faire de la gare de Bègles un pôle multimodal du TER.
Y compris le stade Moga
Isabelle Boudineau, la première adjointe PS a ajouté que le secours de l'État ne serait pas de trop « pour ne pas se faire un peu plumer ». Elle venait d'évoquer la SNCF, RFF ou le port autonome de Bordeaux...
Le document contenait une surprise : il inclut finalement le stade André-Moga. « On peut gagner le pari d'en faire le stade d'agglomération de rugby » a glissé le maire.
L'opposition de gauche s'est abstenue. « Voter le périmètre sans connaître son contenu, c'est s'en remettre à des décisions qui seront prises loin des citoyens » a expliqué Jean-Jacques Paris (PCF), qui soupçonne là « le rêve métropolitain du maire de Bordeaux », et n'en veut pas.
« La mégalomanie n'est pas notre première vertu. Ce sont des élus qui prendront les décisions », a rétorqué Noël Mamère. Il y eut un temps d'unanimité, ponctuée tout de même de surenchères diverses, pour adopter le droit de préemption de la ville sur les fonds de commerce artisanaux et les baux commerciaux le long des artères commerçantes traditionnelles de Bègles. Accord aussi pour engager la rénovation et extension de l'école Salengro, pour un million d'euros. Jacques Raynaud (PS), a en précisé le calendrier de septembre 2009 à septembre 2010.
Inquiétude partagée, enfin, à propos de l'Opération de renouvellement urbain, quand il a fallu voter une prolongation de l'avance de trésorerie de 3 millions d'euros accordée par la ville à la Saemcib. Raisons avancées : les délais d'obtention d'emprunts notamment. Mais aussi les retards de paiement de l'Agence nationale de renouvellement urbain, qui n'a versé que 1,4 million d'euros sur les 9,4 millions promis.
Jean-Jacques Paris aurait voulu une lettre de protestation du conseil, Noël Mamère l'en a dissuadé : « Nous avons les meilleures relations avec la DDE, qui nous soutient. Une lettre n'aurait pas forcément l'effet souhaité » a-t-il observé. « On pourrait faire intervenir le député », a balancé le conseiller général. « Je le connais, il est difficile à joindre », a rétorqué Noël Mamère.
