Des logements pour les cheminots
Publié le 27 Avril 2009
«Tous les immeubles de l'autre côté du boulevard sont à nous, et toutes les maisons derrière aussi, ainsi que la parcelle où on vient de construire » : voilà comment Albert Aurignac, président-directeur général de l'Immobilière des chemins de fer (ICF Atlantique) résumait vendredi le paysage entourant la résidence Les Boëtes, à l'angle de la rue Voltaire et du boulevard Bosc. Un immeuble évoquant la courbe d'une voie ferrée, offrant 26 logements de type PLS, à la place d'anciens garages appartenant déjà à la même société.
ICF, héritière des diverses sociétés nées dans le giron de la SNCF (et même des sociétés de chemin de fer qui l'ont précédée), revendique le rang de troisième bailleur social de France, et occupe la deuxième place à Bègles, derrière la Saemcib. ICF est chez elle du Dorat (400 logements) à Mussonville (200 logements) et au boulevard Bosc. « Avec ces 26 logements nouveaux, nous pesons 30 % du logement social à Bègles », a rappelé M. Aurignac une fois le ruban coupé.
Au-dessus du plafond
Logement social, puisque ICF a pu garder le statut d'organisme collecteur du 1 % Construction. Mais du social « haut de gamme » en l'occurrence. Les douze T2, huit T3, trois T4 et trois « grands T4 » en duplex et « attique » émargent à la catégorie des « PLS ».
Autrement dit, des logements accessibles aux candidats disposant de revenus supérieurs de 30 % au plafond HLM, pour des loyers 30 % supérieurs également : de 434 euros à 713 euros, selon la plaquette du constructeur. Ce qui reste inférieur au prix du marché.
« Nous allons apporter de la mixité dans le quartier puisqu'il y a du logement d'autres catégories près de nous », estime M. Aurignac. Et si Jean-Jacques Paris, le conseiller général communiste, regrettait en aparté que le programme n'inclue pas une part plus sociale, Alain Péres, l'adjoint à l'urbanisme de Bègles, observait de son côté : « On a besoin de ces logements intermédiaires, et d'autant plus que la loi Boutin abaisse les plafonds d'accès aux HLM. »
Pour ce prix, les locataires s'installent dans une architecture claire et confortable, signée par Bernard Bourgeois, q ui revendique une certaine « fantaisie », dont témoigne le soubassement en béton moulé ocre qui entoure les façades balcons et terrasses. Côté intérieur, un jardin fait la soudure avec ceux des maisons voisines.
40 % des attributions de ces appartements sont réservées à la SNCF, le reste est partagé entre la préfecture et la ville de Bègles.
Le Dorat au futur
ICF a donné à cette inauguration un certain lustre. Toute son équipe dirigeante était présente. Et côté béglais, le maire Noël Mamère, le conseiller général Jean-Jacques Paris, le deuxième adjoint Franck Joandet, représentant la CUB, l'adjoint à l'urbanisme Jean-Étienne Surlève-Bazeille étaient là.
C'est que bien d'autres dossiers vont réunir autour de la même table les collectivités et la société immobilière cheminote. Albert Aurignac a annoncé la prochaine réhabilitation des logements de Mussonville.
Et surtout, la cité du Dorat, désormais incluse dans le périmètre Euratlantique, est au centre de nombreux projets : de requalification pour ICF (M. Aurignac n'a pas exclu des démolitions et constructions), de transports en commun (tram, pôle multimodal) pour les collectivités. Mais rien de précis n'est encore sur la table.
g.guitton@sudouest.com