Unesco, le label méconnu
Publié le 20 Juillet 2009
Aujourd'hui au Conseil municipal de Bordeaux, le projet du pont Bacalan-Bastide, déjà débattu lors du dernier conseil communautaire (1) est inscrit à l'ordre du jour, non pas des délibérations, mais des débats.
La discussion devrait être animée. Car derrière cette question, se pose celle du label de l'Unesco. Le Comité du patrimoine, réuni à Séville, en juin dernier, préconise en effet que la CUB réexamine le projet du pont Bacalan-Bastide à la baisse et étudie si possible des « solutions alternatives » pour ne pas risquer la perte du label. Les élus de la CUB, le 10 juillet, ont penché pour des piliers moins haut qu'initialement prévu et des aménagements piétonniers, espérant que cela suffise pour préserver le classement au patrimoine mondial de l'Unesco, obtenu en 2007.
Celui-ci est venu récompenser une transformation de Bordeaux commencée en 1995. Selon Stéphan Delaux, président de l'office de tourisme, « le label Unesco a couronné cette métamorphose, mais on assistait déjà à un décollage touristique depuis le début des années 2000. Ce label n'a été qu'un accélérateur, permettant d'attirer les regards sur Bordeaux ». L'office de tourisme estime ainsi que l'inscription dans le patrimoine mondial de l'Unesco a entraîné une augmentation de fréquentation de 8 % à 1o %.
Venus pour le vin
Le rayonnement international de Bordeaux est dû essentiellement à la renommée de son vin, comme en témoignent toujours les touristes étrangers rencontrés en centre-ville. Pradeen, 34 ans, est un Indien passionné par le vin.
Après avoir fait la route des vignobles de la région, il a poursuivi son périple jusqu'à Bordeaux où il a découvert la richesse du patrimoine. « Je ne savais pas que la ville était classée. Je suis étonné et charmé par le calme et la beauté des constructions ». Même réaction chez cette touriste québécoise aperçue près du miroir d'eau : « On est venu pour le vin et la gastronomie. Au Québec, les gens apprécient beaucoup l'oenologie, ça nous donne l'impression d'être plus proches de nos lointaines racines françaises ».
Découvrant le classement au patrimoine mondial de l'humanité, la jeune femme n'est pas surprise : « Cela ne m'étonne pas, glisse-t-elle, c'est un endroit tellement majestueux. »
Visites spéciales Unesco
Stéphan Delaux estime que la réhabilitation du patrimoine architectural a provoqué une augmentation de fréquentation de près de 30 % depuis 2007. « Des touristes étrangers, mais aussi des Français et même des Bordelais ont découvert ou pris conscience de la beauté et de la richesse de la ville », explique-t-il.
L'office de tourisme de Bordeaux a également mis en place des visites spéciales Unesco, en bateau ou en car. Amanda, une Américaine de 21 ans, de passage à Bordeaux a choisi la visite en car-cabriolet.
À cause du label Unesco ? « Non, pas spécialement, répond-elle, à cause de la chaleur plutôt. C'est sympa, on peut rester assis tout en faisant le tour de la ville avec des commentaires que l'on peut penser sérieux ».
Alors si le label est un « plus », la cité du port de la Lune semble offrir en lui-même suffisamment d'attraits touristiques. Le futur centre culturel du vin, prévu pour 2013, devrait d'ailleurs être un atout supplémentaire pour la ville et sa renommée.
(1) : lire notre édition du 11 juillet
Siti-Anrafa Said Ali
