Bègles se penche sur son futur

Publié le 23 Avril 2009


URBANISME. Le café de l'architecture sur la transformation du quartier des Terres-Neuves a donné lieu à de riches débats

Parmi les architectes présents, Olivier Brochet fait partie des concepteurs de la future place. (Photo Laurent Theillet)
Parmi les architectes présents, Olivier Brochet fait partie des concepteurs de la future place. (Photo Laurent Theillet)

Habituée aux concerts de rock ou d'électro, ou à la salsa, la salle du BT 59 à Bègles s'est transformée hier soir en écrin noir - et plein comme un oeuf - d'un futur forcément radieux : celui du quartier des Terres-Neuves.

Le projet de rénovation urbaine de la quinzaine d'hectares qui borde le boulevard Jean-Jacques Bosc, était au coeur du deuxième café d'architecture organisé par Arc en Rêve et « Sud Ouest ».

Alors que cette mutation urbaine est au centre du débat politique local depuis bientôt cinq ans, le sujet n'est manifestement pas épuisé. Dans un territoire encore largement en friche, c'est surtout du futur qu'on a parlé, entre habitants, architectes, urbanistes, aménageurs. Minéralité et espaces verts, vie culturelle et paix nocturne, tram et parkings : ville et village... Morceaux choisis au fil de deux heures d'échanges.

Tania Concko (urbaniste et architecte qui a dessiné la future place des Terres-Neuves) : « Aux endroits où on densifie, il faut des grands espaces publics », « équilibrer les vides et les pleins », imaginer « aux endroits où on densifie », l'espace « qui va rassembler le quartier et rendre possible la mixité sociale ». « Il faut reconstituer le plaisir d'habiter une ville, l'émotion des rencontres. »

Des habitants à l'écoute

Olivier Brochet, architecte d'un bâtiment qui sera « le fond de scène de la place » : « Il faut savoir se fondre dans ce qui existe. À Bègles, les traces industrielles, les bâtiments existants de la cité, les échoppes. On a composé avec tout ça. On a des toits-jardins, des échoppes en hauteur. » Puis, plus tard : « Dans ce projet, il n'y a pas de banalité. Personne ne fait 400 logements d'un coup. C'est 80, 60 à chaque fois. Et il n'y a pas un seul archi qui soit mauvais ! (rires) Rien n'est parfait, mais quelle avancée ! »

Laurent Portejoie (de King-Kong, qui réhabilite le bâtiment B) : « J'ai beaucoup apprécié les échanges avec les habitants. Ils sont accueillants, attentifs, à l'écoute. J'ai vraiment l'impression de construire pour quelqu'un. »

Patrick Baudry, sociologue : « Je vois là l'émergence de l'urbain, d'une périphérie qui a la possibilité de devenir centre, sans nostalgie de la ville classique muséale, patrimoniale. Il ne faut pas faire un endroit qu'on irait voir en curieux. »

Imaginaire et réel

Jeannot Moret, 30 ans de tour, dit « le Bové de Farge », met en garde : « C'est Bordeaux qui s'étend et on prend sur Bègles. Les tours, on a dit que c'était invivable, mais on y vivait. Je ne voudrais pas qu'on construise en hauteur. Notez bien : il faut un bureau de poste, des espaces verts, et attention à la démolition-reconstruction du Spar. »

Un très proche voisin du quartier regrette quant à lui : « Il n'y a pas d'imaginaire qui ne parte du réel. Il eut fallu qu'on nous montre plus tôt les plans. On ne se représente pas ce qu'on aura en face de chez nous. »

Une « vieille béglaise », qui se présente comme « pas d'Yves-Farge » mais y est « souvent venue » : « Comment faire pour permettre à tout le monde d'être dans un logement qu'il apprécie ? Les gens qui peuvent se permettre de payer et d'autres moins ? »

Évelyne, Béglaise : « J'aime la façon dont le quartier évolue. Mais comment avez-vous envisagé les choses pour qu'on ne voie pas l'ancien quartier comme un musée ? »

Auteur : gilles guitton

Rédigé par jean

Publié dans #Le quartier

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